
Dimanche 12 Octobre, Réveil tranquille à Morondava au bord du canal du Mozambique. Puis direction la gare routière. Où pour une fois nous partons avec seulement 1h de retard. A notre grand étonnement nous avons d’autres étranger avec nous dans le taxi : un vieux couple de japonais. D’habitude on les voit toujours en bande organisée … ces deux là ont du s’égarer. Avant le départ nous voyons le mari nettoyer le pare brise sous l’œil amusé des malgaches. Nous comprenons par la suite : jusqu’à la tombée de la nuit ils photographient tout et n’importe quoi derrière le pare brise, heurtant même des fois leurs appareils photos respectifs pour la même photo … Le trajet nous paraît plus long qu’à l’aller car les arrêts sont fréquents sans compter que dans le taxi brousse nous avons un passager qui vomit régulièrement (en plus ils ne l’ont pas mis à côté de la vitre donc à chaque fois il manque de vomir sur son voisin et retapisse à plusieurs reprises les vitres du taxi). A la tombée du jour, nous attaquons la piste qui sera fatale à un autre taxi : une pièce du train arrière s’est sectionnée et le chauffeur ne semble pas équipé pour la réparation. Nous nous arrêtons un long moment pour leur porter assistance. C’est vraiment du dépannage de fortune : pour surélever le van, ils mettent la roue de secours sur laquelle ils empilent des cailloux à chaque coup de cric (car le dit « cric » n’est pas assez solide pour supporter le poids) … Equilibre instable, l’édifice s’effondrera au moins une fois, en plus quelqu’un était dessous mais plus de peur que de mal. Personne n’est blessé même si lors de la chute un grand silence voit le jour (l’immobilité (30 sec) du chauffeur dessous y est pour quelque chose !!!) vite effacé par de grands éclats de rire, c’est aussi çà l’état d’esprit des malgaches : il y a toujours plus grave ! Notre couple d’asiatique n’est pas perturbé par cet arrêt, elle dort dans le taxi et lui au bord de la route. Enfin il essaie car toutes les minutes on entend « Aka !!! » « Aka !!!! » qui a beaucoup de mal à avoir les yeux en face des trous suite aux réveils successifs en sursaut. Nous attrapons un long fou rire avec les malgaches lorsque Aka fait mine de s’intéresser à la réparation en nous regardant chercher des outils, il en profite pour se soulager intensément en un grand et long bruit !!! et détale sur le champ voir sa femme où il remet çà en un grand bruit sonore. Le riz ne passe pas ???? Nous repartons laissant l’autre taxi en rade pour un bon moment en se disant qu’on a du faire le bon choix (de taxi). Vers 3h du mat, la même chose nous arrive, nous voilà aussi en panne en pleine brousse. Le chauffeur nous laisse et va à la ville, Antsirabe à 130 km, chercher une pièce. En attendant on se rendort dans le taxi tandis que certains font un feu et dorment dehors. Tout le monde est calme, en France les voyageurs râleraient mais ici tous restent zen. Vers 10 h du mat toujours pas de nouvelles du chauffeur parti en goguette. Un taxi brousse s’arrête et nous propose de nous emmener à Tana, nous acceptons. Nous arrivons donc à Tana vers 20h. Seb est malade, fièvre … Le trajet lui a semblé interminable. Heureusement la chambre d’hôte qu’Anne a décelée est magnifique : Vieille maison coloniale perdue au milieu de ruelles avec son vieux parquet, cheminée … Aïna nous fait une soupe et nous offre un verre de rhum arrangé. Aïna est une française d’origine malgache, ancienne infirmière en France parti en année sabbatique à Mada sur la terre de ses ancêtres et n’en est jamais repartie. Seb s’endort vite pendant que je m’ennuie un peu d’autant que je n’ai pas trop le moral mes copines et ma famille me manque… Mercredi 15 Octobre, on arrive à Tamatave. Galère pour trouver un logement, tout est complet !!! mais on trouve un hôtel de passes très glauque mais çà fera pour une nuit … chambre sans fenêtre, très sale mais bon on ne fait pas les fines bouches. Nous réservons notre place dans le bateau du lendemain pour rallier l’île Ste Marie. Jeudi 16 Octobre, après un trajet en taxi brousse, nous arrivons au village d’où partent les bateaux. Avant d’embarquer, on doit se faire enregistrer par la police et la gendarmerie ??? On ne sait pourquoi … pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !!! La navigation s’annonce facile au vu des conditions météo. En effet, la sortie de la baie est périlleuse, quelques accidents ont lieu chaque année parfois mortels. Il faut franchir un banc de sable où viennent se briser de grosses vagues donc quand la mer est démontée les conducteurs attendent parfois 15-20 mn devant le banc de sable. Ils calculent le meilleur laps de temps entre chaque vague. C’est pour cela qu’il faut bien choisir la compagnie car certaines ne sont pas fiables : vétusté des bateaux, incompétence (état alcoolique) du conducteur. Pour nous cela va passer comme une lettre à la poste. Nous arrivons tranquillement sur l’île qui nous propose une vue paradisiaque. Grâce au don des collègues de Séb, nous décidons de nous offrir un petit extra. A notre arrivée, Nico (le gérant des bungalows de Vohilava) nous signale qu’il n’a plus de bungalow dispos mais pour le même tarif nous laisse une villa à 400 m de là. Le rêve !!! On a un petit jardin, une villa style bungalow en falafa de 90 m² pour nous deux avec accès direct sur une plage de sable blanc à 10 m de notre salon. Il y a un ponton de 50 m avec matelas « incrustés » et une petite piscine délimitée dans l’océan par des pierres. Merci la CAF !!! On a beaucoup pensés à vous. Sainte Marie est un spot pour assister à la reproduction des baleines et les proprios des bungalows font partis de l’association de sauvegarde des baleines : MEGAPTERA. Merci à Nico pour ces longues explications et ces reportages. 
Ca fait quand même bizarre d’avoir tout ce luxe après les endroits où nous sommes passés. Ste Marie est vraiment une île dans l’île (Madagascar). Nous n’avons pas l’impression d’être dans le même pays. Même la mentalité des gens est différente, ils ne sont pas malgaches, ils sont Saint-Mariens. Nous apprenons que le cyclone Yvan a ravagé l’île en février 2008 (vidéo dispo / « you tube » état de Vohilava après passage du cyclone) sans que l’on dénombre aucun mort. Les habitants disent que l’île est sous une protection divine. C’est surement vrai quand on voit les dégâts et la force de ce cyclone de la même catégorie que celui qui toucha la Nouvelle Orléans. Pourtant en France, on en a pas entendu parler … Madagascar n’a surement pas la même portée médiatique que les USA … On se demande comment les gens ont fait pour tout reconstruire en si peu de temps ? Quelques mois après il ne reste quasi aucune traces, seulement qqs arbres arrachés dans les endroits difficiles d’accès de l’est de l’île. Samedi 18 Octobre, nous louons un quad pour visiter l’île car certains chemins sont très accidentés et pentus donc on laisse vite tomber le vélo (et puis avec cette chaleur …). Nous prenons la direction du nord pour aller à la piscine naturelle. Route goudronnée puis piste alternant sable et cailloux. Seb se régale, moi j’essaie de m’accrocher tant bien que mal. Nous découvrons des lagons à marée basse, de superbes criques avec eau turquoise. Nous traversons quelques pont de fortune pas spécialement étudié pour des quads (écartement des roues pas en adéquation avec écartement des planches mais Seb (« squadman ») gère). Les villages que nous traversons sont quasi désert les hommes sont partis en mer pêcher et les femmes à la pêche à la crevette, seuls quelques enfants nous accueillent. Nous atteignons le cap nord de l’île un endroit super sympa à l’écart de toute agitation touristique. Nous prenons un chemin de plage et arrivons au lieu dit piscine naturelle. C’est une formation naturelle qui forme une barrière rocheuse qui nous protège des dangers de la mer. La plage est déserte, l’eau est transparente et chaude, joli contraste avec les rochers noirs. Sur le chemin du retour, un garçon nous demande s’ils l’ont désire manger et nous propose une langouste !! Il a construit une sorte de petit vivier en tsy qu’il laisse dans le lagon et où il entrepose les langoustes vivantes qu’il vient de pêcher. Nous faisons notre choix et prenons une bière pendant qu’il nous prépare une langouste entière grillée. Direct pêcheur-consommateur, pas besoin de frigos !!! On redescend vers le sud de l’île où nous décidons d’aller voir le coucher du soleil sur l’île aux nattes. C’est une île distante de 200 m de Ste Marie mais toute petite, on fait le tour à pied en une ½ journée. Pour accéder à la pointe sud de Ste Marie et à la plage d’où partent les pirogues pour l’île aux nattes, il faut traverser la piste d’atterrissage de l’aéroport qui coupe la route. Insolite. Nous nous posons sur la plage et profitons … |